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Lorsqu’il ne vous reste plus de rêves

Récemment, j’ai animé un atelier pour une équipe d’entrepreneurs indépendants. Ce sont des gens formidables, et la journée fut un grand succès.

Lors d’un des premiers exercices, chaque personne devait partager ses objectifs de revenu de 90 jours et de deux à trois ans, ainsi que leur réponse à cette question: « Quels rêves prévoyez-vous accomplir au cours des trois à dix prochaines années? »

En écoutant leurs réponses, je suis devenu de plus en plus curieux. Presque toutes les réponses à la question à propos des rêves pouvaient être classées dans l’une de trois catégories: soit les voyages, la maison ou le soin de soi-même (lire, se mettre en forme, etc).

Et puis il y eut une réponse qui m’a vraiment arrêté. Une participante partagea: « Eh bien, mon rêve c’était d’avoir une piscine dans la cour arrière, mais nous l’avons eu l’été dernier. J’imagine que je suis à court de rêves! »

Pourquoi est-ce que les rêves de la plupart des gens sont à propos de choses ou d’expériences à consommer? Est-ce qu’un rêve est vraiment un rêve, si vous le pouvez allez au bout de celui-ci?

Je crois que le but d’un rêve est de déclencher la passion – la tension positive qui se crée entre la réalité du présent et le futur qui sera une nouvelle réalité. Cette tension créative alimente notre quête de progrès, la croissance et l’évolution, et nous pousse à l’action.

Cependant, nous sommes bombardés tous les jours avec des messages nous exhortant à acheter, acheter, acheter, dans lequel l’acte de la consommation est promu à un rituel ultime menant à la création d’une vie plus désirable, d’une expérience plus excitante, d’un corps plus mince, d’un visage plus jeune, d’une vie de couple plus intime, et bien le paradis sur terre… Nous devenons conditionnés à voir le rêve en termes d’acquisition et de consommation, et on s’embarque sur la recherche de plus d’argent pour acheter le rêve, que ce soit en travaillant plus longtemps, en achetant des billets de 6/49, ou en s’endettant par les cartes de crédit (ou une combinaison des trois…)

Le piège de ce « rêve du consommateur », c’est qu’une fois l’objet du rêve acheté ou consommé, le rêve meurt et la tension créatrice s’évapore avec lui. Pensez au syndrome du lendemain de Noël, à peine quelques heures après que les cadeaux sont déballés, les jouets sont poussés dans un coin, non utilisés, alors que l’enfant commence à hurler pour réclamer la prochaine bebelle.

Se motiver avec des rêves de consommation, c’est s’alimenter d’un carburant sale et non renouvelable. Forcé de rêver de choses de plus en plus grandes pour maintenir l’élan, « supersizing » pour une plus grande maison, une voiture plus rutilante, on arrive au bout des ses moyens, n’ayant nulle part où aller, sauf en « dépression », mentale, mais aussi économique (illustration: la crise économique américaine en raison de l’insolvabilité des hypothèques).

Le caractère limité des « rêves de consommateur » conduit à une mentalité de survie, rongeant la passion, grugeant la volonté de continuer, se rendant aveugle des possibilités. Je vis cette expérience avec une de mes belles-soeurs. Même si elle est une personne bien intentionnée avec un grand coeur, elle est tellement enfermée dans cette mentalité de consommation que le stress et l’inquiétude au sujet de ses finances actuelles et futures, érodant sa santé et celle de mon frère, même s’ils ont un revenu combiné dans les six chiffres et plus…

Mais quelle est l’alternative? Quel genre de rêve peut créer de l’énergie renouvelable, constructive, inspirante?

Gandhi a dit: « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. »

Et c’est là que réside la véritable clé de la passion durable: trouvez le changement que vous voulez voir dans le monde.

Un rêve durable, un rêve qui motive à long terme, c’est de faire un impact dans le monde, créant une énergie positive, une différence dans l’évolution dans notre société, notre environnement, notre planète, ou notre conscience, pour que ces aspects soient plus en harmonie avec notre mission, nos valeurs, notre véritable essence.

Pour moi, le rêve ultime était celui communiqué par le président John F. Kennedy, l’appel en 1962 aux Américains pour mettre un homme sur la Lune. Cet appel à l’action déclencha un bond considérable dans la créativité et l’ingéniosité, qui fait écho encore aujourd’hui, quarante ans plus tard.

Autres grands rêveurs ont transformé leur monde à leur manière, penser à Mère Teresa, ou Bill Gates ( « un ordinateur sur chaque bureau »), ou Mary Kay Ash, ou Sam Walton, ou Anita Roddick (Body Shop), ou Ray Kroc (McDonalds), ou Martha Stewart, ou Henry Ford. Au Québec, nos Pierre Péladeau, Joseph-Armand Bombardier, Guy Laliberté, Louis Garneau, et même la mairesse Andrée Boucher…

Imaginez si tout ce que Guy Laliberté voulait, c’était un peu plus d’argent pour payer son loyer et acheter une voiture. Aurait-il eu la passion et l’énergie pour inventer toute une nouvelle catégorie d’entreprise à l’échelle internationale?

Une passion durable vient d’un rêve qui transforme notre environnement en une expression de Qui On Est Vraiment…

Un vrai rêve est plus grand que toute personne physique, mais il doit commencer par soi-même.

Un vrai rêve peut prendre plus longtemps que toute une vie à réaliser, mais elle doit commencer par ce que Martin Luther King appelait « la féroce urgence du moment présent »…

Un vrai rêve crée de l’espace pour faire de grandes choses et génère de façon durable l’énergie pour passer à l’action massive…

S’il ne vous reste pas de rêves à accomplir, c’est parce que ce n’était pas vraiment un rêve. Commencez à rêver des rêves qui créent de la place pour des résultats puissants, des résultats qui peuvent changer votre petit (ou gros) coin de la terre…

Quel est le changement que vous voulez voir dans le monde?

Combien grand osez-vous rêver?

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