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Échappez à la tyrannie du cerveau de lézard

Pourquoi est-il si tentant de procrastiner et de temporiser face à une tâche qui est autrement simple? Même si on possède les compétences, les connaissances, l’expérience, les ressources et même une grande motivation pour accomplir cette tâche, il y a quelque chose qui sabote nos meilleures intentions, et hop, une autre date de livraison a sauté…

Dans les recoins les plus profonds de notre cerveau se trouve un organe primitif – l’amygdale. Ce « cerveau de lézard » est le chef-lieu de nos émotions de base: la peur, la colère, et le désir sexuel.

Si la peur existe, c’est parce que c’est quelque chose d’essentiel à notre survie. Depuis les débuts de l’évolution, le réflexe de la peur est un élément indispensable pour soit éviter ou réagir rapidement contre les dangers souvent mortels qui nous guettent. Mais cette réaction viscérale nous sert-elle bien dans notre situation moderne?

Considérez les tâches du solopreneur qui déclenchent souvent un comportement d’évitement: faire nos rapports d’impôt, envoyer les factures ou les paiements, téléphoner un client, participer à un réseautage… De façon objective, aucune de ces situations n’a un potentiel létal, mais une fois que le cerveau de lézard prend le dessus sur notre conscient, et déclenche la peur, alors tout bloque.

Peur de quoi, au juste? Le cerveau de lézard n’aime pas l’inconnu. Prendre des risques, c’est un anathème pour l’amygdale, car ce cerveau primitif recherche la sécurité, le connu. Donc, dès qu’il y a de l’incertitude, ça déclenche le désir de fuir.

Pour moi, je remarque que mon cerveau de lézard est en plein contrôle lorsque je fais face à une tâche indésirable qui déclenche une fatigue soudaine en pleine journée. Un autre symptôme c’est une tension dans mes jambes, comme si je devais fuir rapidement. Et le troisième élément de l’évidence pour moi c’est une volonté soudaine de manger, surtout quelque chose de sucré.

La fatigue, le désir de fuir et le sucre sont des comportements d’évitement qui sont signe que mon « cerveau de la peur » domine mes actions. Je suis conscient que ce ne sont plus les hautes fonctions qui sont au volant, je ne suis que spectateur.

Comment dominer le cerveau de lézard pour reprendre le contrôle?

Une approche simple est de faire en sorte qu’on puisse réduire ou éviter la dimension inconnue, car l’amygdale n’aime pas l’inconnu:

1. Prenez le temps de créer un plan détaillé pour vous guider à travers la tâche à accomplir. Ce plan détaillé devrait décomposer la grande tâche en petites actions de 15 à 30 minutes chaque. Le fait de réduire la taille des actions à prendre réduit l’incertitude et donc réduit la réaction de l’amygdale. De plus, faire un plan détaillé distrait le cerveau émotionnel pour que votre esprit logique puisse prendre le contrôle, du moins pour un certain moment.

2. Faire une petite action à la fois, selon un horaire très précis. Chaque action devrait être programmée dans l’agenda, et faite – ne pas prendre plus que 15 à 30 minutes à la fois. Lorsque l’action est faite, passer à autre chose qui n’est pas aussi « difficile » à faire.

3. Célébrer le progrès. Chaque fois que vous accomplissez une des actions, donnez-vous une petite récompense – quelque chose que vous aimez. Mais assurez-vous que votre récompense ne devient pas une distraction!

Par exemple, si la tâche « impossible » c’est d’écrire un billet de blogue, mon plan devient:

a. faire une brasse-méninge de sujets et les mettre dans une liste, sans prioriser. Pas d’idées de quoi écrire? Voir des blogues favoris et s’en inspirer pour trouver des sujets (oui c’est permis et même encouragé).
b. prendre deux ou trois de ces sujets et écrire quatre ou cinq points pour chaque sujet
c. choisir un de ces sujets et pour chaque point de ce sujet, écrire deux ou trois sous-points
d. transformer ces points et sous points en article.

En allouant 15 à 30 minutes pour chaque action, et les espaçant d’une ou deux heures pendant la journée, je peux transformer un écran blanc en début de journée en billet de blogue complété en fin d’après-midi, sans temporiser toute la journée. C’est de cette façon que j’ai écrit ce billet.

Ça n’a pas besoin d’être parfait – ça a juste besoin d’être fait.

Et plus qu’on s’habitue à produire, plus cela devient confortable pour le cerveau de lézard et plus qu’on est motivé par plaisir au lieu d’être poussé par la peur.

Pour plus d’informations

Inspiré d’un billet de Seth Godin
http://sethgodin.typepad.com/seths_blog/2010/01/quieting-the-lizard-brain.html

Photo: Image de lostartist sur Flickr utilisée sous license Creative Commons CC BY-ND 2.0

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