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TEDxQuébec: Rien d’élitiste ici

C’est tentant d’accuser le mouvement TED d’élitisme: le prix d’entrée astronomique pour l’événement phare en Californie (et c’est seulement si on réussit à se faire inviter), les vidéos, le marketing, le contrôle fanatique de la marque. Et les sujets, certains fantastiques, d’autres bombastiques, mais présentés dans un format hyperstructuré, aussi stylisé qu’un iProduct d’Apple.

Maintenant, je comprends mieux le design conscient au coeur de TED: des idées qui méritent d’être partagées méritent aussi d’être rodées, polies et bien pratiquées, pour découvrir l’élément fondamental de l’idée qui suscite la bonne question et provoque naturellement le partage.

Les meilleures idées sont celles qui nous font réfléchir à propos du cadre à travers lequel nous voyons le monde. Et c’est précisément pourquoi TEDxQuébec a frappé en plein dans le mille. Du thème choisi, « Contrastes », aux conférences qui provoquent le rire, les larmes, le drame et l’empathie, TEDxQuébec m’a fait questionner certaines de mes croyances, tout en me rassurant que je n’étais pas le seul à en penser d’autres.

La première conférencière, et celle que j’ai aimée le plus, Cynthia Sheehan, « L’identité ou l’obsession du nous et eux », a mis en mots ce que je pense, surtout de ce temps-ci: pourquoi tenons-nous à diviser notre monde en « nous » et « eux » selon des tribus arbitraires, et de la tendance à vouloir exclure des personnes selon une différence autrement insignifiante, que ce soit linguistique, culturel, ou philosophique. Même moi je succombe à la tentation de me donner des étiquettes pour me rassurer de mon appartenance à mes collègues ou mes amis, même si certaines de ces étiquettes ne collent pas tout à fait à la complexité de mes croyances, mes valeurs, et mon expérience de vie. Pourquoi je le fais? Hmmm…

Une autre conférence m’a fait réfléchir était celle de Stéphane Roche « Dessine-moi ta ville intelligente ». J’ai été surpris de me rendre compte de la vérité que notre conscience d’où nous sommes dans le temps et en endroit n’est pas nécessairement dictée par notre présence corporelle physique. Par exemple, une discussion sur Skype me fait sentir comme si je suis dans la ville de mon interlocuteur – ce qui m’arrive souvent lorsque je Skype un contact aux États-Unis, j’oublie que je suis à Québec. Ou quand je regarde un vidéo, je me transporte dans le passé comme si j’étais là. Donc la nature de la spatialité est plus conceptuelle que physique. Ce qui me rassure puisque même si je vis à Québec, je veux rester connecté avec le monde entier. Dieu merci pour le web et les médias sociaux, qui m’aident à entretenir ces connexions, sinon je suis certain que je ne sentirais pas chez moi (idée qui revient à la thèse de Cynthia plus tôt).

Sans aller dans les détails, les autres présentations m’ont tous aussi intrigué les uns les autres. J’ai hâte de voir les vidéos qui ressortent de l’événement, qui seront affichés sur http://www.tedxquebec.com

Outre les conférences, ce qui m’a le plus marqué, c’est l’esprit de communauté qui s’est créé autour de ce projet. Je me rappelle la première rencontre que j’ai eue avec Denis François Gravel au Café Krieghoff au tout début de 2011, lorsqu’il partagea avec moi son désir de voir un TEDx se réaliser à Québec. C’était une idée qui circulait entre lui et moi pour plusieurs mois, jusqu’à ce qu’un jeune passionné en la personne de René-Pier Légaré-Bouchard nous a contacté via le site TED.com à l’automne, pour dire que lui aussi voulait un TEDx à Québec. L’ajout de René-Pier à l’équipe fut le coup de pied nécessaire pour nous faire passer à l’action. Et tout le reste de la production s’est développé de la même façon, une communauté formée de personnes qui se sont présentés spontanément et qui ont ajouté soit un peu, ou soit beaucoup, mais toujours le bon élément au bon moment.

J’ai dû me retirer du projet TEDxQuébec au printemps pour des priorités professionnelles. Mais je me rends compte maintenant que moi aussi, j’ai contribué exactement ce dont j’avais à contribuer, au bon moment. Aucun regret, beaucoup de gratitude.

TEDxQuébec est un effort collectif d’une communauté avec mission de partager les idées qui méritent d’être partagées. Le cadeau des bénévoles c’est d’avoir pris le temps et l’effort de pratiquer, de roder, et de polir chaque aspect des présentations, du visuel, du décor, de l’accueil, de la promotion et de la programmation, pour enlever tout ce qui pourrait distraire et de ne conserver que l’essentiel du message. C’est un effort héroïque sans attente de retour monétaire, un dévouement qu’on voit trop peu souvent de nos jours.

Il n’y a rien d’élitiste à voir ici. C’était tout simplement la démonstration d’une collectivité qui s’élève à son plus grand dénominateur commun.

Pour plus d’informations:

http://www.TEDxQuebec.com (à suivre pour les vidéos)

Twitter: @TEDxQuebec

Facebook: http://facebook.com/TEDxQuebec

Flickr: http://www.flickr.com/photos/tedxquebec/

Voici une partie de l’équipe qui a réalisé ce beau projet (incluant moi!)

 

1 comment… add one

  • Denis François Gravel 9 décembre 2012, 13:34

    Davender,

    Bien dit! Le format n’est pas qu’une affaire de style. C’est vraiment une question de communication efficace.

    Pour la gratitude, c’est nous qui en avons à ton égard. Ta contribution au démarrage et à l’établissement de la culture de TEDxQuébec est immense.

    Merci

    Denis François

    Denis François Gravel
    Cofondateur de TEDxQuébec

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