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Cela prend une communauté (suite)

Délégation Québec Startup au StartupFest 2014

 

En juillet dernier, j’ai coanimé une délégation d’entrepreneurs en provenance de la ville de Québec pour participer au Festival international du startup à Montréal. Ci-dessus, je vous présente fièrement la « photo de famille » de cette troisième délégation.

Je crois que StartupFest, et aussi la Tournée des Entrepreneurs à laquelle j’ai participé en août, représente l’évolution la plus importante en entrepreneuriat, plus important que le capital de risque, plus important que l’apparition des accélérateurs : l’émergence des communautés entrepreneuriales.

Une communauté entrepreneuriale est un réseau animé par les entrepreneurs, pour les entrepreneurs, et qui les connecte avec toutes les autres ressources dont ils ont besoin pour réaliser leur vision.

Le mouvement des « Startup Communities », qui a trouvé sa voix dans le livre du même titre par Brad Feld, se situe dans la même ligne de pensée que le « servant leadership » popularisé par Robert Greenleaf, qui dit que le pouvoir légitime se développe en mettant les besoins des autres d’abord. Cette attitude a été aussi partagée par Adeo Ressi, fondateur du Founder Institute, en décrivant la caractéristique distinctive du Silicon Valley : tout le monde, qu’il soit entrepreneur milliardaire ou débutant, se voit faire partie d’un même réseau où ton succès ne fait qu’améliorer la probabilité de mon succès.

La dynamique traditionnelle au Québec est que les entrepreneurs se tournent vers les instances gouvernementales et ses dérivés (CLD, SADC, etc) pour de l’aide, ou bien ils réclament des mentors pour leur guider ou des investisseurs pour les légitimer. Cette « demande d’aide » est symptomatique du problème fondamental, que les entrepreneurs n’ont pas de réseaux forts autour d’eux pour les soutenir.

Cette dynamique crée aussi une situation où il y a des entrepreneurs gagnants qui reçoivent de l’aide et des perdants qui n’en reçoivent pas. Le choix se fait par des critères qui font surtout avancer les intérêts des décideurs. Je vois trop de bonnes idées, bien qu’elles répondent à des besoins urgents et désirs ardents du marché, qui ne réussissent pas à lever parce qu’elles ne sont pas en alignement avec les critères et les intérêts de ces gatekeepers.

Je suis convaincu que le meilleur modèle de développement entrepreneurial n’est pas de mettre les startups dans une situation macho-darwinienne de conflit, de combat et de concurrence, mais plutôt d’encourager une approche de collaboration, de connexion, de conversation et de communauté. Les idées ont alors l’opportunité de se développer, de diverger ou converger au besoin, et de se trouver un meilleur environnement pour prendre racine. L’aide se génère par la communauté, pour la communauté.

Bien que c’est toujours une corvée pour recruter des participants au StartupFest, à la Tournée des entrepreneurs, ou bien aux activités locales plus périodiques commeFastTrac, les commentaires sont presque unanimes après l’expérience : la meilleure façon d’apprendre, de se motiver, de tester son idée et de passer à l’action est de faire tout cela en communauté.

Quand on est tout seul avec sa vision, face à l’inertie du statu quo, c’est tentant de voir le monde comme étant un jeu à somme nulle. La vérité est, plus qu’on s’entraide, plus qu’on réussit.

« Si vous faites partie d’une communauté forte et fidèle, vous pouvez tout faire. »
— Jacob DeHart, fondateur, Threadless.com

Pour plus d’informations

Ce billet fait partie de l’infolettre #11 de Startup-Académie:
http://eepurl.com/0hIyT

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